Caroline Arlettaz et Déborah Brantschen

Les mocktails: on en boit de toutes les couleurs…© DR

Bien que ni Caroline Arlettaz  ni Déborah Brantschen ne soient issues d’une famille d’hôteliers leur vocation remonte à leur plus jeune âge. Déborah Brantschen se remémore les halls d’hôtels qui la faisaient rêver en imaginant toutes les histoires extraordinaires qui pouvaient s’y dérouler et bien qu’elle ne soit pas habituée à fréquenter les palaces, elle se voyait déjà recevoir les clients et être à l’écoute de leur moindre souhait. Elle pensait déjà en faire son métier. Caroline Arlettaz a un sens inné de l’accueil et a très tôt imaginé exercer une profession qui la mettrait en contact avec une clientèle exigeante, déjà sûre que la satisfaction de ses hôtes serait pour elle la meilleure des récompenses. L’hôtellerie de luxe était décidément faite pour elles. De ces cinq semestres passés à l’Ecole Hôtelière de Genève, elles ne gardent que de bons souvenirs, même si tout n’a pas été facile. Déborah Brantschen se souvient, par exemple, de son premier jour: il pleuvait à verse lors de la traditionnelle visite de la ville qui permet aux élèves découvrir Genève et leur nouveau cadre de vie. «Cela commence bien», se dit-elle, ne sachant pas encore  ce que le retour à l’école allait lui réserver. Ce fut encore pire! La présentation aux professeurs fut un moment fort désagréable. En effet, dévisagés de la tête au pied par leurs enseignants, les élèves comprirent vite qu’ils ne correspondaient pas encore tout à fait aux exigences du métier. Caroline Arlettaz évoque dans un éclat de rire le jour où elle devait préparer en équipe une sauce bolognaise pour une centaine de personnes. Tous  s’appliquaient à remuer consciencieusement la préparation pendant une bonne demi-heure, jusqu’au moment où elle s’aperçut qu’ils avaient juste oublié d’allumer le feu sous la marmite.

Baselworld, le salon de l’horlogerie 2012 à Bâle reste également un bon souvenir. Il faut dire que recevoir et s’occuper de Cameron Diaz, à l’époque l’égérie d’une grande marque de montre, est une expérience marquante.
Les périodes d’examens, en revanche, n’étaient pas exactement une partie de plaisir. Caroline Arlettaz évoque ainsi l’envol inattendu de poulets rôtis sous les gestes encore peu sûr des élèves qui s’essayaient à l’exercice délicat du découpage. Déborah Brantschen, quant à elle, après avoir dressé une table selon le menu prévu, s’être assurée d’avoir bien aligné tous les verres, disposé l’ensemble des couverts nécessaires avait seulement oublié les chaises, ses clients allaient manger debout!
Pour l’avenir, chacune a des projets bien arrêtés. Déborah Brantschen est déjà inscrite en haute école de gestion pour parfaire sa formation et élargir ses compétences, «c’est reparti pour deux ans», s’amuse-t-elle. Caroline Arlettaz est, elle,  déjà à la tête de son propre restaurant, la Maison du village, qu’elle a ouvert avec son ami cuisinier à Sauges, dans le canton de Neuchâtel.

www.maisonduvillage.ch

Frédéric Finot

Photo: Déborah Brantschen et Jean-Luc Piguet, Vice président de la SCRHG. / © DR