Emblème des goûts fribourgeois: la Poire à Botzi

Jean-Paul Baechler est le Gouverneur de
la Confrérie de la Poire à Botzi ; « un titre un peu pompeux », confie-t-il. © Culturfood

Jean-Paul Baechler dirige l’entreprise alimentaire Culturfood dont le siège social est à Fribourg. Il est Gouverneur de la Confrérie de la Poire à Botzi ; « un titre un peu pompeux », confie-t-il, amusé. Fondée en 2008, la Confrérie s’est donnée pour mission de promouvoir et défendre l’identité de ce petit fruit emblématique du patrimoine culinaire fribourgeois. « Notre poire restera toujours un produit de niche », explique-t-il, avant de préciser : « Ces dernières années, nous sommes tout juste parvenus à satisfaire la demande pour des fruits frais, destinés à la cuisine traditionnelle, ou pour fabriquer du vin cuit de poire ou de l’eau de vie. La production restera toujours artisanale. Mais je préfère que notre poire soit un produit recherché, plutôt qu’abondant et banal ».

Peut-être une origine italienne
En patois gruérien le nom « botsi » ou « botzi » désigne une grappe de cerises ou de petites poires. L’origine de ce petit fruit qui fait le fierté des Fribourgeois reste mystérieuse. Mais selon la tradition, ce sont des mercenaires fribourgeois qui l’auraient ramenée de la région de Naples il y a trois ou quatre siècles. Le fruit s’est magnifiquement acclimaté aux Préalpes. Au début du XXe siècle, la culture du fruit s’est répandue dans les cantons de Berne et Fribourg. La Poire de Botsi était déjà classée comme une des meilleures poires d’automne.

« Aujourd’hui nous pouvons compter sur une trentaine de producteurs. Mais, naturellement, nous n’avons pas recensé tous ceux qui ont planté un ou plusieurs poiriers dans leur jardin », précise Jean-Paul Baechler qui ajoute : « La Poire de Botzi est le seul fruit suisse à bénéficier d’une AOP. C’est évidemment une source de fierté ». La petite poire sera présente, sous diverses formes, dans plusieurs dégustations de La Semaine du Goût.

Georges Pop