Genève: un millésime 2019 équilibré

Comment qualifier le millésime 2019 en termes de qualité et de quantité ?
Denis Beausoleil: Le rapport officiel sur le contrôle de la vendange 2019 annonce des récoltes modestes avec 8,5 millions de litres, soit -10,54 % par rapport à la moyenne décennale. Il s’agit de la cinquième plus faible production de ces 45 dernières années. Si la quantité est faible, le millésime est, lui, qualifié d’équilibré. 

© Genève Tourisme

Le réchauffement climatique implique des changements à la vigne. Comment les vignerons gèrent-t-ils cette nouvelle donne ?
D. B. :  Effectivement, le cycle de la vigne est largement influencé par cette évolution puisque l’on vendange par exemple largement plus tôt qu’il y a 20 ans. Les caves ont également planté des cépages plus tardifs comme le Cabernet sauvignon ou le Viognier qui auraient eu de la peine à arriver à maturité dans notre région à l’époque. On peut considérer ce fait comme positif puisque la diversité de notre encépagement est un des atouts de notre appellation. Reste que les vignerons doivent gérer ces dernières années de très grandes variations climatiques avec des hivers très humides et des étés très secs.

Comment se portent les ventes de vins genevois dans le canton et ailleurs en Suisse ?
D. B. :  Le vin de pays, qui concerne également Genève, connaît des problèmes avec la chute des prix dans ce marché. Du côté des AOC, la vente de nos bouteilles se porte bien malgré une très forte concurrence.

On parle beaucoup de la difficulté à écouler les vins suisses. Qu’est-ce qui pourrait changer la donne, selon vous ?
D. B. :  Le choix de nos caves de se concentrer sur la production de vins de qualité est le bon. Il convient de le faire savoir en associant cette qualité à leurs auteur(e)s et nos paysages remarquables. Heureusement, une grande partie des consommateurs comprend que tout cela a un prix et se tourne vers les produits locaux. 

Le Rallye Gourmand est un parcours de 10 km dans la campagne genevoise à la rencontre des produits du terroir. © Geneve Terroir / J.REVILLARD / REZO

Comment gérez-vous la promotion des vins genevois auprès des restaurateurs suisses ?
D. B. :  Au niveau du canton, nos contacts avec les restaurateurs sont excellents et réguliers, grâce notamment au programme de la mise en valeur des ambassadeurs du terroir. Mais ceci ne concerne pas seulement ces quelque 80 établissements : la demande de la clientèle pour des produits locaux est là et la grande majorité des restaurants genevois propose des crus du canton. Ce qui n’est pas le cas au niveau national même si les références genevoises sont de plus en plus nombreuses dans les restaurants gastronomiques. Le programme de promotion nationale, mis en place par Swiss Wine Promotion pour l’HORECA, devrait encore améliorer la présence de tous les vins suisses dans les établissements.

Votre engagement en matière d’œnotourisme pour la clientèle hors canton ?
D. B. :  Nous mettons actuellement en avant ce qui existe sur le canton pour attirer ce public. Dans le cadre de nos Caves ouvertes, nous organisons une action spéciale pour la Suisse alémanique, de concert avec Genève Tourisme et la promotion économique du canton. D’autres manifestations comme le Rallye Gourmand ou la Fête des Vendanges attirent un public toujours plus nombreux provenant de l’extérieur du canton. Il s’agit d’un secteur que l’on peut développer en coordonnant nos actions avec tous les acteurs du tourisme et de l’économie, dont bien évidemment les caves.

Quel est le pourcentage des vins genevois qui s’exportent ? Quelles sont les difficultés rencontrées à l’exportation ?
D. B. :  C’est un chiffre très marginal qui doit se situer autour de 1 %. Il est à noter que les vins qui « sortent » du canton sont souvent des spécialités appréciées également chez nous. Historiquement, notre marché est principalement interne et cela fait seulement quelques années que nous parlons d’export pour les vins suisses. Ce qui explique d’ailleurs notre manque de notoriété. Les grandes régions viticoles le font depuis fort longtemps en raison de leur taille et de leur volume de production. Le prix des vins suisses en général ne facilite pas les échanges. 

www.geneveterroir.ch