Vendange exceptionnelle et quantités supérieures à la moyenne

Nos vignes ont souffert en 2017, c’est dans toutes les mémoires», rappelle Pierre-André Roduit, chef de l’Office de la viticulture du canton du Valais. «Mais en 2018 c’était parfait, avec très peu de traitements. Nous n’avons subi aucune pourriture, grâce à la longue période de chaleur estivale». En effet, nombreux avaient été les commentaires catastrophés sur la canicule de l’été passé. En revanche pour la vigne, cela s’est révélé bénéfique, car les nuisibles ne supportent pas les grosses chaleurs.

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Il a fallu 4 semaines de suite pour la vendange, qui est arrivée relativement tôt. Ces vendanges ont été légèrement plus précoces que d’habitude, note le chef de l’Office. Mais il convient de souligner que les années précoces se font de plus en plus nombreuses. Ouvertes officiellement le 10 septembre, la récolte s’est déroulée dans de très bonnes conditions météorologiques. L’état sanitaire irréprochable a donné des raisins de haute qualité.

Maturités optimales

La récolte valaisanne 2018 est proche des chiffres enregistrés en 2016 et supérieure de 11% à la moyenne décennale. Les teneurs naturelles en sucre du millésime 2018 sont supérieures à la moyenne décennale pour le chasselas (83°Oe), le sylvaner (96°Oe), le pinot noir (98°Oe) et le gamay (96°Oe).

Le millésime 2018 est à l’image de la saison viticole écoulée. Les conditions caniculaires de l’été ont permis la production de raisins sains avec des maturités optimales. L’alternance de journées chaudes et de nuits fraîches en septembre ont permis de préserver le potentiel aromatique des vins. Au moment des vendanges, les baies étaient petites en raison de l’été chaud et sec. Ce phénomène a permis une remarquable concentration des sucres, des arômes et de la matière colorante. Une fraîcheur inattendue et surprenante confère de l’énergie et de la vitalité aux vins. Ils se révèlent puissants, charnus et affichent une opulence insolente et dynamique, ce qui est exceptionnel pour un millésime chaud et précoce.

Les vins blancs offrent une belle exubérance dans les parfums et les arômes. Au palais, le fruité est éclatant, mariant les notes florales et les fruits mûrs tout en conservant une fraîcheur étonnante. Les vins rouges dévoilent une riche palette de fruits noirs et d’épices chaudes avec des beaux tanins soyeux et fondus.

Vivacité et fraîcheur

Pierre-André Roduit souligne encore que les conditions de septembre étaient d’une qualité inattendue. En effet, lorsque le jour est chaud et que la nuit est fraîche, alors les conditions sont vraiment optimales et surtout pour les vins blancs. Août et même septembre furent très chauds. Et donc, à cause de la chaleur, on s’attendait à des vins capiteux, lourds, mûrs. Au contraire, ils se signalaient par une belle vivacité et de la fraîcheur, du moins lors des dégustations en laboratoire. Des premiers arômes qui ont démontré de la dynamique.

Enfin selon les oenologues, des grains petits, c’est ce qu’il y a de mieux. Car cela signifie concentration et puissance. Mais alors, le nombre de grappes est important pour équilibrer une moins grande quantité de jus. Sinon, on a une chute de production. Autant les vignerons valaisans avaient été malheureux en 2017, autant ils ont eu à se réjouir de la très bonne année 2018. Il convient cependant de rappeler que 2017 fut une très bonne année, qualitativement, mais avec des quantités moindres.

André Versan