La Pinte communale au centre d’un conflit

Fin juin, le gérant de l’établissement a alerté les médias en raison de litiges qui l’opposent à son bailleur. L’été a aiguisé sa combativité.
« Je suis devenu le pestiféré d’Aigle. Mais je ne compte pas me laisser faire. J’irai jusqu’au bout. Nous avons engagé une procédure devant le Tribunal des baux. » Le 26 juin dernier, Laurent Belissa, chef et gérant du restaurant La Pinte communale, a souhaité s’exprimer publiquement sur les difficultés rencontrées par son établissement par le biais d’un communiqué de presse. Situé au cœur de la ville (Place du Marché 4), le restaurant subissait de plein fouet l’impact des chantiers urbains environnants. Après plusieurs phases de perturbations dans le secteur et six mois de travaux touchant directement les abords du bâtiment, la pérennité de cette institution locale se trouvait fragilisée.
On dit que le temps apaise les tensions. Nous avons voulu prendre le pouls du restaurateur à la veille de l’automne. Laurent Belissa ne décolère pas. « J’ai un potentiel acheteur. Je souhaite tirer un trait le plus vite possible et rebondir ailleurs. Mais quoi qu’il arrive, maintenant, vu que la procédure est lancée, on ne lâchera rien jusqu’au bout. Parce qu’on a subi des mois et des mois de travaux sans aucun dédommagement. »
Nombreux griefs
Laurent Belissa nourrit de nombreux griefs envers son bailleur, qui n’est autre que la commune d’Aigle. Cette dernière aurait omis de l’informer des nombreux travaux prévus autour de l’établissement. Depuis l’ouverture en septembre 2023, le restaurant n’aurait connu que deux mois sans chantier. Il dit avoir subi des nuisances importantes en raison de ces travaux. Il estime avoir perdu entre 30 et 40 % de son chiffre d’affaires parce que l’établissement paraissait fermé et que la clientèle évitait la terrasse et l’intérieur. Il aurait demandé en vain une réduction de loyer. De plus, certains défauts techniques de son établissement n’auraient pas été pris en charge, entraînant des frais importants qu’il dit avoir dû assumer seul. La Commune et son avocat auraient refusé de rechercher un arrangement. Une offre de seulement 10 000 francs aurait été proposée pour mettre fin au bail, alors que l’établissement était estimé à 160 000 francs. De plus, d’autres travaux sont annoncés jusqu’en 2028, notamment sur la place située devant le restaurant, ce qui compromettrait durablement l’exploitation.
La suite se déroulera de toute évidence entre avocats, et devant la justice si aucun accord ne peut être trouvé entre les parties.
« Les échanges se poursuivent »
Nous avons soumis point par point les griefs du gérant à l’administration communale d’Aigle qui demeure ouverte à une résolution constructive. Voici sa réaction transmise par écrit.
« La situation concernant la Pinte communale fait effectivement l’objet de discussions entre les parties. Compte tenu de la procédure juridique engagée et afin de préserver les intérêts de chacun, nous préférons toutefois ne pas commenter publiquement, à ce stade, les différents points que vous soulevez, ni entrer dans le détail des prétentions respectives. Nous pouvons néanmoins vous confirmer que la Commune prend cette situation au sérieux et qu’elle souhaite parvenir à une solution de la manière la plus constructive et équitable possible, dans le respect du cadre légal.
Contrairement à l’idée d’un dialogue totalement rompu, les échanges se poursuivent par l’intermédiaire des représentants des parties. La Commune entend privilégier cette voie afin que les différents éléments du dossier puissent être examinés de manière objective et juridiquement appropriée.
S’agissant notamment des travaux, des éventuelles nuisances, des aspects techniques, des questions relatives au bail ainsi que de la situation concernant une éventuelle vente de l’établissement, ces différents éléments doivent être appréciés dans leur contexte et à la lumière des obligations respectives de chacune des parties. Il serait dès lors prématuré de tirer des conclusions sur les responsabilités ou sur l’existence d’un éventuel préjudice.
Par respect pour la procédure en cours et pour les personnes concernées, nous ne souhaitons donc pas commenter davantage le dossier à ce stade. La Commune reste naturellement ouverte à une résolution constructive de cette situation et souhaite que celle-ci puisse être réglée de la meilleure manière possible, y compris sur le plan juridique. »












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