L’enjeu de la climatisation

Interview du Député UDC Michael Andersen qui présente son projet de loi sur la climatisation.
Alors que Genève étouffait sous la canicule, le député UDC Michael Andersen propose d’assouplir les critères permettant d’installer des climatiseurs. L’objectif étant d’adapter Genève à la réalité des canicules. La SCRHG soutient cette démarche qui permettrait un meilleur confort pour la clientèle comme pour le personnel des restaurants.
Pouvez-vous nous expliquer les objectifs de votre projet de loi ?
L’objectif de ce projet de loi est d’adapter Genève à la réalité des canicules. Nous voulons faciliter l’installation de systèmes de climatisation fixes, performants et alimentés par des énergies renouvelables, tout en protégeant les personnes les plus vulnérables. Aujourd’hui, la réglementation produit parfois l’effet inverse de celui recherché en favorisant des appareils mobiles plus énergivores et moins efficaces. Ces appareils mobiles d’une efficacité médiocre rejettent l’air chaud avec un tuyau, ce qui implique de laisser la fenêtre ouverte. Leur mode de fonctionnement crée une dépression en rejetant de l’air dehors, ce qui aspire l’air chaud extérieur et annule presque toute leur efficacité. Il s’agit de favoriser des installations modernes, efficaces et réalisées par des entreprises locales qualifiées. Notre projet vise à remplacer une logique d’interdiction par une logique de bon sens : mieux protéger la santé des Genevois tout en maintenant des exigences environnementales élevées et en modifiant une réglementation qui favorise paradoxalement les équipements les moins performants.
Qu’est-ce qui vous a amené à le déposer ?
Les canicules ne sont plus exceptionnelles. En parallèle, un certain dogmatisme entoure encore la question de la climatisation à Genève, en entravant l’installation de systèmes fixes performants. Certains milieux entretiennent en effet l’idée que la climatisation serait en elle-même responsable du réchauffement climatique, ce qui n’est pas le cas en Suisse où notre électricité est décarbonée et de surcroît abondante en été. Face à la nouvelle réalité climatique, il n’est plus défendable de compliquer l’installation de systèmes performants. J’ai déposé ce projet avant tout parce qu’il en va de la santé des personnes. Les fortes chaleurs peuvent avoir des conséquences graves, voire mortelles, en particulier pour les personnes âgées, les malades, les résidents d’EMS ou encore les enfants.
Est-ce que votre proposition permettrait au secteur de la restauration d’installer plus facilement une climatisation ?
Oui, la modification proposée de la loi sur l’énergie (LEn) (L 2 30) prévoit que l’autorisation est accordée pour les installations de moins de 7 kW thermiques, si l’installation est alimentée exclusivement par des énergies renouvelables et dotée d’appareils de mesure de la consommation d’énergie.
Y aura-t-il des limites ?
Oui, le projet prévoit des limites. Les autorisations sont facilitées pour les installations jusqu’à 7 kW thermiques. Au-delà de ce seuil, le régime ordinaire continue de s’appliquer.
Peut-on espérer qu’il entre en vigueur pour l’été 2027 ?
Cela dépendra de la célérité de la commission appelée à traiter du projet de loi, vraisemblablement la commission de l’énergie et des Services industriels de Genève. J’espère, face à l’urgence résultant de l’augmentation des canicules, que le Parlement réservera bon accueil au projet de loi et qu’il le traitera avec la diligence requise afin qu’il puisse entrer en vigueur pour l’été 2027.
En tant que Député, pensez-vous que les nombreuses PME ayant subi des pertes économiques durant le G7 pourront être indemnisées ? Peut-on espérer une extension du dispositif existant actuellement limité aux seuls dégâts matériels ?
L’UDC s’était opposée à la tenue d’une manifestation pendant le sommet du G7 pour ces mêmes raisons. Mon parti n’a pas souhaité limiter le montant des indemnisations à une somme déterminée. Le raisonnement est le suivant : du moment qu’une majorité du Grand Conseil a choisi la politique du chaos voulue par le Conseil d’Etat, il engage l’Etat qui devient responsable quel qu’en soit le montant. À l’Etat, manifestement fautif dans cette affaire, d’assumer toutes les actions en réparation !







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