À la rencontre du « dieu spaghetti » !

À la napolitaine, bolognaise, carbonara ou encore aux fruits de mer, les spaghettis figurent parmi les mets les plus prisés des Suisses, que ce soit à la maison ou au restaurant. Avec près de 10 kg par personne et par année, nos concitoyens sont les deuxièmes plus grands consommateurs de pâtes au monde, après les Italiens. Mais la plupart ignorent qu’il existe un mouvement appelé « pastafarisme » qui a hissé les spaghettis au rang de divinité. Cette « religion » parodique compte de nombreux « fidèles » à travers le monde, y compris en Suisse. Elle a même été officiellement reconnue par certains pays.

Le « pastafarisme » (mot-valise faisant référence aux pâtes alimentaires et au mouvement rastafari) a été fondé en 2005, aux États-Unis par Bobby Henderson, un jeune diplômé en physique de l’Université d’État de l’Oregon, afin de protester contre l’introduction de l’enseignement du créationnisme dans certaines écoles publiques de son pays. « Je n’ai aucun problème avec la religion. Ce qui me dérange, c’est la religion se posant en tant que science. S’il existe un dieu et qu’il est intelligent, alors je pense qu’il a le sens de l’humour », expliqua-t-il. À sa grande surprise, grâce à Internet, il fut rejoint par de très nombreux « fidèles », surtout dans les milieux universitaires américains, européens et australiens. Ils se comptent aujourd’hui par dizaines de milliers.  

Un tas de spaghettis avec des boulettes de viande

Selon l’« Église pastafarienne », le créateur de l’univers est un « Monstre en Spaghetti Volant » (Flying Spaghetti Monster), décrit comme un tas de spaghettis avec des boulettes de viande et des yeux. Invisible et indétectable, cette créature divine aurait créé le monde « après avoir beaucoup bu », raison pour laquelle notre Terre n’est pas parfaite. Cultivant l’absurde, Henderson postule aussi que les premiers « vrais pastafariens » furent les pirates, ceux des Caraïbes notamment. Il attribue même le réchauffement climatique à leur déclin. 

Peu après Noël, les « Pastafariens » organisent une fête appelée «Nouillel», au cours de laquelle ils se gavent de spaghettis.
Photos : © spaghettimonster.org

Après chaque Noël, le 27 décembre, les « Pastafariens » célèbrent une fête religieuse facultative, nommée « Nouillel » en français (Holiday en anglais) au cours de laquelle ils se gavent de spaghettis. En outre, lors de la Pâques juive et du Ramadan, ils se réunissent pour encore manger des spaghettis, afin de « communier » avec le « Monstre », dans l’espoir d’être « touchés » par son « appendice nouillesque ». En guise de signe religieux, ils arborent une passoire sur la tête. 

En guise de signe religieux, les « fidèles » arborent une passoire sur la tête.

Des photos-passeport avec une passoire sur la tête

Dans une décision rendue le 2 décembre 2021, la Cour européenne des Droits de l’Homme a refusé de considérer le « pastafarisme » comme une religion. En Autriche et au Texas, notamment, des individus ont cependant obtenu de la justice le droit de poser avec une passoire sur le tête pour leur photo-passeport. Certains pays – les Pays-Bas et Taiwan, notamment, ainsi que la Nouvelle-Zélande où les mariages pastafariens sont autorisés – ont donné au mouvement le statut officiel de religion. 

En Suisse, le « Pastafarisme » est simplement toléré. Il est vrai que ses adeptes qui prônent le respect d’autrui, la fête et la consommation de pâtes ne dérangent personne, tout en faisant le bonheur des producteurs de spaghettis.

www.spaghettimonster.org

Touché par le Monstre en Spaghettis Volant : parodie « pastafarienne » de « La Création d’Adam » de Michel-Ange.

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