Vendanges 2026: un millésime magistral

Il a fait chaud, très chaud à la vigne. Si les quantités récoltées sont historiquement faibles, les crus estampillés 2026 devraient faire longtemps parler d’eux dans les annales viticoles du canton. Petit tour d’horizon alors que les fermentations battent leur plein en cave.
Le vignoble genevois a entamé les vendanges 2026 dès la deuxième quinzaine du mois d’août avec un état sanitaire parfait. « C’est un record de précocité pour plusieurs vignerons et vigneronnes du canton. En amont des vendanges, les acteurs et actrices du vignoble ont dû faire face aux aléas climatiques : un millésime solaire avec plusieurs vagues de chaleur ainsi que quelques épisodes de grêles sur certains secteurs du canton. Le manque d’eau général a contraint la vigne à puiser dans ses réserves », commente Dorian Pajic, œnologue cantonal.
Un soleil radieux, des raisins certes en faible quantité, mais d’une qualité rarement égalée… De quoi redonner le sourire à une profession dont le moral est en berne en raison de la chute de la consommation et de la féroce concurrence des importations ? Off the record, l’ambiance est un peu mi-figue, mi-raisin, même si l’on tient à entrevoir l’avenir avec un souffle d’optimisme. Bien sûr, moins de jus en cave, c’est aussi moins de vin à écouler. Une aubaine ? « Pour beaucoup de vignerons, l’année s’annonce extrêmement difficile, avec moins de revenus », nuance Jérôme Leupin, directeur de la Cave de Genève.

Bon an, mal an, Josef Meyer du Château du Crest à Jussy, produit quelque 250 000 flacons. « Cette année, ce sera plutôt 160 000. Les rouges seront sublimes et on a bien géré les blancs pour éviter des taux de sucre trop importants. La fraîcheur sera au rendez-vous sur notre Chasselas ! », promet le producteur.
Au Domaine des Perrières à Peissy, Frédéric Rochaix insiste sur la nécessaire anticipation qu’il a fallu mettre en place à la vigne pour tirer le meilleur parti des blancs. Une attention de tous les instants qui a entraîné une charge de travail supplémentaire. « Mais qualitativement, cela va être une année assez fabuleuse pour les cépages rouges. » Quant à son confrère Marc Ramu du Clos des Pins à Dardagny, il se souviendra longtemps de sa 44e vendange : « On a dû jongler avec les degrés Œchslé. La densité des rouges s’annonce historique. Sur les blancs, on ne fait pas de fermentation malolactique pour garder un maximum de fraîcheur ».




























