Consommation de viande: la France monte au front

Le gouvernement a dévoilé sa nouvelle stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat. Il préconise une limitation de la consommation de viande et de charcuterie. Une préoccupation d’ampleur mondiale.
La consommation de viande dans le monde a connu une croissance spectaculaire au cours des cinquante dernières années. Cette évolution s’explique par l’augmentation de la population mondiale, du niveau de vie et l’urbanisation croissante. Dans les pays industrialisés, la viande est devenue un aliment courant, symbole d’abondance et de prospérité. Dans les pays émergents, notamment en Chine, l’augmentation des revenus a entraîné une hausse rapide de la consommation de produits d’origine animale. Aujourd’hui, la production mondiale de viande dépasse 350 millions de tonnes par an, contre moins de 100 millions dans les années 1960. Cette progression exerce une pression considérable sur les ressources naturelles, notamment les terres agricoles, l’eau et les écosystèmes.
Cependant, cette croissance n’est pas uniforme. Dans plusieurs pays développés, la consommation tend à se stabiliser, voire à diminuer légèrement en raison des préoccupations environnementales, du souci accordé au bien-être animal et des enjeux de santé publique. L’élevage est en effet responsable d’une part importante des émissions de gaz à effet de serre, et contribue à la déforestation, notamment en Amérique du Sud. Par ailleurs, une consommation excessive de viande rouge et transformée est associée à des risques accrus de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
Diversifier les protéines
Dans ce contexte, la France a récemment renforcé sa stratégie nationale pour accompagner une transition alimentaire plus durable. Cette stratégie s’inscrit dans une approche globale visant à concilier santé publique, souveraineté alimentaire et objectifs climatiques. Elle ne vise pas à supprimer la consommation de viande, mais à encourager un rééquilibrage vers une consommation plus modérée et de meilleure qualité. Parallèlement, la France soutient ses filières d’élevage pour les accompagner dans leur transition, en valorisant des pratiques plus durables, respectueuses de l’environnement et du bien-être animal.
Cette stratégie reflète un changement de paradigme : il ne s’agit plus d’augmenter la production à tout prix, mais de produire et de consommer mieux.
Transition difficile
À l’échelle mondiale, cette transition reste un défi majeur. Les besoins alimentaires continueront d’augmenter, mais les contraintes environnementales imposent de repenser les modèles actuels. La consommation mondiale de viande a doublé depuis les années 1990, bien plus rapidement que l’augmentation de la population. Les Américains (du Nord et du Sud), les Australiens ou les Européens ont doublé leur consommation de produits animaux depuis 50 ans et mangent 2 fois plus de protéines d’origine animale que la moyenne mondiale. En Chine, la consommation de viande par habitant (65 kg en 2022) a quadruplé en 40 ans. Selon les projections de la FAO, la consommation mondiale de protéines carnées aura augmenté de 9 % en 2032 par rapport à 2022 (+43 millions de tonnes). Cette augmentation devrait être principalement le fait des pays asiatiques (+26 millions de tonnes), notamment la Chine, et des pays du continent américain (10 millions de tonnes).
L’augmentation globale constatée concerne majoritairement la consommation de volailles. Une viande moins coûteuse, considérée plus saine et peu émettrice de gaz à effet de serre. Enfin, la viande de volaille n’est pas soumise à des interdits religieux, contrairement au porc ou au bœuf.



.gif)






