G7 à Genève : L’addition est historique pour les restaurateurs

Edito
Au sein du tissu économique genevois, ce sont sans doute les cafetiers et les restaurateurs qui ont bu la tasse de la manière la plus brutale. Le sondage mené par la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève (SCRHG), section genevoise de GastroSuisse, auprès de ses membres révèle l’ampleur d’un désastre financier que les autorités feignent d’ignorer.
Sur la période concernée, soit une semaine, le secteur de la restauration a vu une chute de 49,2% du chiffre d’affaires : près de 9 établissements sur 10 ont vu leur fréquentation s’effondrer de moitié. Dans le quartier des Nations, déserté par les fonctionnaires internationaux, le manque à gagner a même atteint 60% à 80% pour certaines enseignes.
Pour être plus précis, on parle de 18 615 francs de perte moyenne par établissement : C’est le montant net évaporé des caisses de chaque restaurant en moins d’une semaine, en raison de la paralysie des transports et de la psychose générale.
Le piège du télétravail s’est aussi refermé sur le secteur, en recommandant massivement le télétravail aux pendulaires et aux employés de la fonction publique, le Conseil d’État a vidé les restaurants au moment le plus rentable de l’année. Les midis professionnels se sont transformés en journées mortes.
Enfin, comment comprendre la double peine des palissades ? En plus de ne pouvoir accueillir de la clientèle, les restaurateurs ont dû payer de leur poche la sécurisation préventive de leurs vitrines pour une moyenne de 8 043 francs. Avec en plus des pouvoirs publics qui se sont, eux, barricadés aux frais du contribuable dans des secteurs qui n’étaient pas considérés à risque. Le tout pour un coût total de 400 000 francs comme on l’apprend dans la Question Urgente Ecrite (QUE 2391) du Député MCG Christian Flury.
À ce propos, il convient de mentionner le cas de la Ville de Genève, qui imposait aux commerces désireux d’installer des palissades de protection pendant le G7 d’obtenir un feu vert administratif (!). Une illustration flagrante d’une bureaucratie tatillonne qui vient alourdir le manque de soutien financier de l’Etat.
Pour toutes ces raisons, il convient de remercier chaleureusement la députée MCG Ana Roch (voir aussi son interview) d’avoir relayé nos demandes à travers le PL 13870. Lequel projet fait suite à la motion 3232 (refusée en juin 2026) du député LJS Jacques Jeannerat qui demandait l’indemnisation des établissements et commerces directement impactés par les mesures de sécurité, périmètres d’exclusion ou fermetures imposées ou recommandées par les autorités durant la tenue du G7. Il ne s’agit pas d’une faveur accordée aux entreprises, mais d’un acte de justice élémentaire visant à rétablir l’équilibre entre les impératifs de sécurité publique et la survie de nos commerces de proximité.
La SCRHG continuera de réclamer une juste indemnisation pour le secteur. Nous soutenons ainsi le PL 13870 tant il vise exclusivement à réparer, de manière partielle et proportionnée, un préjudice directement causé par des mesures étatiques exceptionnelles adoptées dans l’intérêt de la collectivité. Et de poser maintenant la seule question qui vaille : qui va payer l’ardoise des restaurateurs genevois ? C’est aux autorités d’y répondre.







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