Interview de Marie Barbey-Chappuis - Ouverture des terrasses pendant la Coupe du Monde

© Magali Girardin

Il y a plusieurs mois, la SCRHG a démarché les instances compétentes pour obtenir l’autorisation de diffusion de la Coupe du Monde sur les terrasses. La magistrate de la Ville de Genève nous explique pourquoi elle y a répondu favorablement.

Quelle a été la pesée d’intérêt qui vous a amené à autoriser la diffusion des matches sur les terrasses malgré la tenue du G7 ?

Marie Barbey-Chappuis : J’ai regretté la décision du Conseil d’Etat qui empêchait la tenue de la Fan Zone, même si je la comprends. J’ai toujours défendu une politique d’équilibres. La présence du G7 aux portes de Genève génère beaucoup d’externalités négatives pour notre cité, ses commerçants, ses entreprises et ses habitants, donc il me semblait nécessaire de garder un peu d’animation et d’autoriser au moins la diffusion des matchs de la Coupe du monde de foot en terrasse. 

Y aura-t-il une tolérance sur les horaires ? Par exemple en cas de prolongation ou d’un bon parcours de l’équipe Suisse ?

M. B.-C. : Si la Nati passe le premier tour, cela fait partie des choses envisageables. J’ai demandé à mes services d’étudier les options. Mais je ne veux pas en dire plus pour ne pas porter la poisse à nos joueurs !  

Certains vous ont accusé, par le passé, d’empêcher la vie nocturne et festive, faut-il voir un changement de politique avec cette décision ?

M. B.-C. : Si l’on regarde objectivement les choses, il y a… énormément d’animations en ville de Genève. En 2025, le Service de l’espace public (SEP) a délivré plus de 2000 autorisations pour des terrasses d’établissements publics, et les horaires d’ouverture des terrasses restent les plus tardifs de Suisse. En outre, le SEP a octroyé un millier d’autorisations pour des manifestations ordinaires (hors cortèges politiques) et des événements ponctuels au sens de la LRDBHD. À chaque fois, ces sont des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes qui affluent au centre-ville. En 2025, l’Euro foot féminin a attiré de très nombreux fans à Genève qui ont fréquenté les cafés, les commerces et dormi dans les hôtels. Chaque année, le Gonet Open de tennis, qui vient de se terminer, génère environ 900 nuitées d’hôtels. En hiver, le Festival de lumières Geneva Lux attire aussi beaucoup de monde dans l’hypercentre… En ce qui concerne une future grande manifestation estivale, nous cherchons encore avec le Canton un concept qualitatif qui apporte une vraie plus-value. Mais pour un tel événement d’importance cantonale, à vocation touristique, il sera nécessaire que le Canton s’implique financièrement et aussi dans l’organisation. 

Depuis la disparition des Fêtes de Genève, notre cité n’accueille plus de grands événements festifs. Ceci fait que le secteur de l’hôtellerie-restauration attend beaucoup du possible accueil de la Fête Fédérale de Lutte à Genève, sur la plaine de Plainpalais, en 2031. Où en est le processus de validation du dossier de candidature ?

M. B.-C. : Nous sommes favorables à une candidature de Genève. Nous défendons l’idée d’un double site, l’un situé hors du périmètre Ville de Genève avec de la place pour accueillir l’immense arène. L’autre sur Plainpalais, avec un village, une fan zone et des animations. On pourra imaginer des navettes spéciales entre les deux sites. En revanche, monter une arène de 45 000 places sur Plainpalais, près d’une fois et demie le Stade Genève, cela n’est pas réaliste. On pourrait aussi imaginer une arène sur Plainpalais mais beaucoup plus petite… Nous avons exposé les options aux organisateurs dans un esprit constructif afin que l’on conjugue envies et faisabilité. Les discussions se poursuivent.

Marie Barbey-Chappuis, Conseillère administrative au Département de la sécurité et des sports.

Quelles modalités pour vos établissements ?

En novembre 2025, le Conseil d’Etat a adopté un arrêté qui prévoit que les manifestations sportives, culturelles et festives au centre-ville de Genève qui ont un fort impact sur le domaine public ne pourront pas être autorisées du 1er au 28 juin 2026. Ceci en raison de la tenue du G7.
Ceci a amené la SCRHG à entamer immédiatement des démarches pour obtenir une autorisation de diffusion de la Coupe du monde sur les terrasses des cafés-restaurants de Genève, tant il semblait anormal d’interdire toute activité festive sur le canton.
Faisant preuve bon sens, le Conseil d’Etat s’est rangé à nos arguments en autorisant la diffusion de la Coupe du monde de football masculine, dans les établissements publics, malgré les restrictions sécuritaires. Chaque commune devant ensuite préciser les modalités de diffusion.
En Ville de Genève, la diffusion des matchs à l’extérieur sera ainsi autorisée pendant les horaires habituels d’ouverture des terrasses (6 h-24 h en semaine, et 6 h-2 h du matin les vendredis et samedis). En dehors de ces horaires, les matchs devront être diffusés à l’intérieur pour tenir compte du sommeil des riverains, il sera alors possible de le faire jusqu’à 2h00 du matin du dimanche au mercredi et jusqu’à 4h00 du matin du jeudi au samedi.
En complément, la Ville de Genève autorisera aussi la diffusion de musique sur les terrasses durant la journée du samedi 20 juin prochain, à l’occasion de Fête de la musique.
Le détail des modalités est à retrouver sur www.scrhg.ch.

S. B.

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