Aromat en péril

Vous l’aimez ou le détestez, mais il ne vous laisse sans doute pas indifférent. Ce condiment en poudre, niché dans sa boîte jaune cylindrique, fait qu’on le veuille ou non partie de notre culture helvétique. Bien des bistrots et auberges de campagne le proposent spontanément sur les tables depuis des lustres. Comme d’autres produits emblématiques, il est associé à une forme d’identité nationale. Une identité qu’un entrepreneur bâlois tente de sauver via une pétition intitulée « l’Aromat appartient à la Suisse ». La raison de cette soudaine mise en lumière ? Un projet de fusion entre Knorr (fabricant allemand de l’Aromat) et l’américain McCormick qui fait craindre un déplacement de la production. Aujourd’hui, la célèbre boîte jaune appartient déjà au groupe Unilever, via la marque Knorr. Mais sa production reste ancrée en Suisse, dans l’usine de Thayngen (SH).
Originaire d’Allemagne, l’entreprise Knorr établit une filiale en Suisse (à Thayngen) en 1907. Comme l’explique le Patrimoine culinaire suisse, jusqu’aux années 1940, la filiale helvétique reste dans l’ombre de la maison mère allemande. Son succès intervient lorsque l’Allemagne, à cause de la Seconde Guerre mondiale, ne peut plus fournir en Suisse d’extrait de viande pour l’élaboration des soupes, bouillons en cube, etc. C’est à ce moment que Knorr Thyangen saisit l’occasion d’affirmer sa différence et son indépendance. C’est ainsi qu’émergent de nouveaux produits, spécifiques à ce pays : bouillon de poule, Aromat et purée Stocki, en particulier. L’Aromat est inventé en 1952 par Walter Obrist, qui à l’époque travaille chez Knorr.




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