Food trends 2026 - Santé et durabilité au menu

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Comme chaque début d’année, les oracles de la « food sphère » mondiale esquissent les grandes tendances que nous devrions découvrir dans nos assiettes au fil des prochains mois. Des vœux pieux alors que les scientifiques alertent sur les dangers des aliments ultra-transformés qui ne cessent de gagner du terrain ? Comparatif entre deux mondes qui ne se rejoignent pas vraiment.

En 2026, bon nombre de convives s’attableront dans leurs établissements favoris, avides de découvertes culinaires. Que nous réservent nos chefs créatifs, quels ingrédients seront mis à l’honneur ? À en croire les food trends 2026 qui inondent la toile, la première grande tendance concerne l’évolution vers des aliments moins transformés, plus fonctionnels et plus transparents. 

Les tendances alimentaires dominantes s’inscrivent à la croisée de trois dynamiques majeures : la recherche de santé globale, la durabilité et l’accélération des innovations technologiques. Les consommateurs deviennent plus critiques face aux produits ultra-transformés et aux listes d’ingrédients longues et opaques. En réponse, les marques développent des recettes épurées, mettant en avant l’origine des matières premières, des procédés de transformation plus doux et des bénéfices santé clairement identifiables. Les aliments favorisant l’immunité, la digestion, la concentration ou le sommeil continuent de gagner du terrain.

La durabilité s’impose comme un autre critère impératif. En 2026, les food trends intègrent pleinement les enjeux climatiques, de biodiversité et de ressources. Les régimes à base de végétaux se diversifient. Les légumineuses, les céréales anciennes, les algues ou encore les champignons deviennent des ingrédients centraux, valorisés pour leur faible impact environnemental et leur richesse nutritionnelle. Parallèlement, la lutte contre le gaspillage alimentaire inspire de nouvelles offres, intégrant l’économie circulaire au cœur des modèles économiques.

Les consommateurs recherchent des produits ancrés dans des territoires identifiables, porteurs de sens et de valeur économique locale. Cette dynamique favorise les filières courtes, les collaborations entre producteurs, artisans et restaurateurs, ainsi que le retour de savoir-faire culinaires traditionnels.

Les technologies alimentaires jouent également un rôle croissant. L’intelligence artificielle, la data et la biotechnologie permettent de mieux personnaliser l’alimentation, d’optimiser les recettes et de réduire les impacts environnementaux. La nutrition personnalisée progresse, proposant des recommandations adaptées aux profils physiologiques et aux modes de vie. En parallèle, les alternatives aux protéines animales poursuivent leur développement.

La nourriture industrielle fait malheureusement partie du quotidien de plus en plus de personnes dans le monde. © Randy Fath pour Unsplash

Le cri d’alarme des scientifiques 

Ces tendances des oracles de la food sphère sont nobles et pertinentes. Force est de constater qu’elles contrastent avec la place croissante des aliments ultra-transformés au niveau mondial comme le relèvent une série d’articles publiés par la revue The Lancet le 19 novembre dernier.

Des articles qui examinent les données probantes concernant l’augmentation des aliments ultra-transformés dans les régimes alimentaires à l’échelle mondiale et mettent en évidence leur association avec de nombreuses maladies non transmissibles. Ces produits, issus de procédés industriels complexes et riches en additifs, sont de fait omniprésents dans les habitudes alimentaires, en particulier dans les pays à revenu élevé, où ils représentent près de la moitié de l’apport alimentaire des ménages. Leur consommation progresse également rapidement dans les pays à revenu faible et intermédiaire, contribuant à une mondialisation de régimes alimentaires délétères.

Maladies non transmissibles

Les données scientifiques établissent un lien clair entre une consommation élevée de ces aliments et l’augmentation des maladies chroniques non transmissibles, telles que l’obésité, les maladies cardiovasculaires ou le diabète. La substitution progressive des aliments frais ou peu transformés par des produits industriels, combinée à l’exposition simultanée à de nombreux additifs, est au cœur des effets négatifs observés sur la santé.L’industrie des aliments ultra-transformés repose sur la transformation massive de matières premières agricoles bon marché, comme le maïs, le blé, le soja ou l’huile de palme, contrôlée par un nombre restreint de multinationales. Ces aliments n’ont pas seulement des impacts néfastes sur la santé humaine ; leur production industrielle est fortement dépendante des énergies fossiles, génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre et repose sur des emballages plastiques omniprésents, aggravant ainsi les atteintes à la santé environnementale.

Un constat à méditer en ce début d’année, et qui devrait donner du grain à moudre aux pouvoirs publics afin de replacer la santé de la population au cœur des priorités.

Saveurs de l’année 2026 : l’élégance de la cerise noire et la force du cassis, selon www.tasteofhome.com. © DR

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