Vin suisse sans alcool : « La qualité est au rendez-vous ! »
Deux sessions de désalcoolisation réalisées à Perroy (VD) ces derniers mois démontrent que nos producteurs helvétiques ont une carte à jouer. À découvrir à Divinum à Morges du 25 au 30 mars prochain.
Les vins sans alcool, une nouvelle voie pour la viticulture suisse ? Marc Vicari, de la vigneronne-pleasure for everyone SA, y croit : « Le vin sans alcool ne constitue pas une solution miracle face aux difficultés économiques du secteur, mais il représente une opportunité de diversification ». De fait, environ 30% de la population ne consomme pas de vin pour des raisons de santé, de mode de vie ou de choix personnels. « Avec une offre sans alcool de qualité, les domaines disposent ainsi d’un nouveau produit à intégrer directement auprès de leur clientèle existante, testant progressivement son potentiel commercial », poursuit Marc Vicari.
Longtemps perçus comme une curiosité ou une simple alternative marginale, les vins sans alcool connaissent aujourd’hui une évolution rapide, portée par de nouvelles attentes sociétales et par l’innovation technologique. Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, ou encore la France, inondent déjà notre marché avec leurs propositions sans alcool.
Essais concluants
Entre novembre 2025 et février 2026, deux sessions pilotes de désalcoolisation organisées à Perroy par la société de Marc Vicari, en collaboration avec « Œnologie à façon SA », ont réuni 17 producteurs issus de cinq cantons (Vaud, Valais, Genève, Neuchâtel et Tessin).
Pendant trois semaines cumulées, près de 29 000 litres de vin suisse ont été désalcoolisés grâce à un système de nouvelle génération, donnant naissance à plus de 33 000 bouteilles réparties en 27 références : 17 blancs, 5 rosés, 4 rouges et 1 cidre, dont 9 versions gazéifiées.
« Nous voulions démontrer qu’un vin sans alcool peut être un produit qualitatif, issu du savoir-faire viticole traditionnel. Nous avons pu retirer l’alcool tout en préservant les arômes, la structure et l’identité du vin », se réjouit Marc Vicari qui insiste : « La Suisse possède un avantage compétitif important : une viticulture artisanale fondée sur la précision et la maîtrise technique. Or, la désalcoolisation amplifie le moindre défaut. Seuls des vins irréprochables peuvent donner de bons résultats. »
Cette exigence placerait les producteurs suisses dans une position favorable face aux grandes productions internationales dominées par des groupes industriels. L’objectif des essais menés à Perroy n’était pas seulement technique, mais aussi pédagogique : convaincre les vignerons qu’il est possible de produire un vin sans alcool crédible et commercialisable.
investissement nécessaire
Et après ? Pour passer à la vitesse supérieure, un investissement conséquent sera nécessaire. Il est estimé à près d’un million de francs, dont environ 700 000 francs pour la machine elle-même. Afin de sécuriser ce financement, les producteurs intéressés peuvent verser des avances leur garantissant des conditions préférentielles sur plusieurs années. Cette approche collaborative permet de démontrer l’existence d’un marché réel et d’accéder à des financements publics ou à des prêts sans intérêt.
L’ambition, on le voit, dépasse la simple création d’un produit : il s’agit de structurer une offre collective, capable de légitimer le vin suisse sans alcool, positionné sur la moyenne et la haute gastronomie.
Si le vin sans alcool ne cherche pas à remplacer le vin traditionnel, il invite à une nouvelle expérience sensorielle. À tester à Divinum !





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