Fumée passive sur les terrasses : une action de bon sens

À Genève, le paysage de la restauration a radicalement changé depuis 2009. Si l’interdiction de fumer à l’intérieur des établissements est désormais entrée dans les mœurs, le débat s’est déplacé vers l’extérieur.

Aujourd’hui, le secteur ne se contente plus de subir la loi mais tente d’accompagner le changement pour une meilleure prise en compte des besoins de chacun.

En l’état, chaque responsable d’établissement peut décider ou non de déclarer sa terrasse entièrement non-fumeur s’il le souhaite, afin de garantir le confort de sa clientèle. C’est sa liberté.

Or, depuis octobre 2025, le ton s’est durci : à la suite du vote d’une motion (M 3044), le Grand Conseil a demandé au Conseil d’État d’étudier l’interdiction de la fumée sur les terrasses des cafés et restaurants durant les heures de repas. Il n’était dès lors pas envisageable de rester sans réagir. Le président de la Société des Cafetiers, Restaurateurs et Hôteliers de Genève (SCRHG) Laurent Terlinchamp et son trésorier Nicolas Perrenoud ont ainsi immédiatement pris les devants afin d’éviter une mesure qui pourrait avoir des conséquences négatives sur l’activité économique de notre secteur.

© Léman bleu TV

Dans ce cadre, des discussions ont été immédiatement engagées avec le Conseiller d’État chargé du Département de la Santé et de la Mobilité (DSM), Pierre Maudet. L’objectif était de définir une solution conciliant liberté économique et impératifs de santé publique. Mais aussi et surtout de faire preuve de bon sens, car comment interdire de fumer sur une terrasse si on permet à un passant à proximité de le faire ? En donnant un pouvoir de verbalisation au personnel des cafés-restaurants ?

Au terme d’un important travail de consultation, il a ainsi été possible de trouver un accord visant à ne pas interdire la fumée sur les terrasses. En contrepartie, une charte d’engagement a été signée entre le DSM et la SCRHG. Celle-ci prévoit le déploiement d’une campagne de sensibilisation sur une année auprès de votre clientèle, notamment par la pose d’affichettes que tous les membres vont recevoir prochainement.

Il est impératif que l’ensemble de la profession soutienne activement cette campagne. Le respect de cette charte constitue en effet l’ultime étape pour éviter une interdiction totale, laquelle serait dramatique pour notre secteur. Nous comptons sur vous !

Retrouver la charte et la communication sur : //scrhg.ch

Interview du Conseiller d’Etat Pierre Maudet chargé du Département de la Santé et de la Mobilité (DSM)

Trouver un équilibre entre santé publique et respect des libertés

Certains voulaient interdire totalement la fumée passive sur les terrasses pendant les repas, pourquoi avoir privilégié la sensibilisation à l’interdiction ?

J’ai voulu faire confiance aux milieux concernés pour ne pas mettre sous pression un secteur déjà fragilisé. Cette campagne de sensibilisation du public aux effets de la fumée passive a pour objectif d’inciter à modifier les comportements et arrêter de fumer. Il s’agissait aussi de trouver un équilibre entre santé publique et respect des libertés, sachant qu’aucun canton suisse n’a interdit la fumée sur les terrasses.

Dans les faits, la campagne prendra la forme d’affiches disposées de manière visible sur les tables des établissements afin d’inciter les clients à ne pas soumettre leurs voisins à la fumée passive. Je compte sur l’engagement actif des cafetiers-restaurateurs. 

Est-ce qu’une interdiction totale de la fumée passive serait réalisable ?

Il faut rappeler d’où l’on part. A la suite d’un vote populaire, Genève a interdit la cigarette dans les restaurants en 2009. Cette interdiction a été étendue en 2023 aux aires de jeux et aux arrêts de bus et je constate, en tant magistrat chargé également des mobilités, que cette dernière interdiction est compliquée à faire respecter. Il est aisé d’interdire mais il faut pouvoir l’appliquer.

Que se passera-t-il en cas de non-respect des directives de sensibilisation par la clientèle ?

Comme indiqué, cette action traduit une volonté partagée avec les acteurs de la restauration de sensibiliser la population à la fumée passive, dans un esprit de responsabilité et de dialogue. Une évaluation aura lieu après une année et, en fonction des résultats, l’opportunité de mesures plus contraignantes sera examinée par les autorités. Nous espérons ne pas en arriver là. J’ai confiance dans le bon sens de chacun.

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