Les domaines Rouvinez, entre modernité et tradition

Pionnière dans la viticulture durable et bio en Valais, la famille Rouvinez entame l’année 2026 avec confiance, en dépit des défis, voire des difficultés, que connaît le secteur, en raison surtout de la baisse de la consommation. Forte de son savoir-faire, de son ancrage dans le canton, de la diversité de ses domaines et de la réputation de ses spécialités, elle envisage les mois à venir avec sérénité et annonce des millésimes d’exception, notamment dans les blancs.
« La dernière vendange nous a quelque peu surpris. La qualité était magnifique. En revanche la quantité était étonnamment basse, ce qui s’explique assez mal compte tenu de l’ensoleillement, de la nature des précipitations et de l’absence de maladies fongiques. Cela dit, nous avons commencé la mise en bouteille de notre Petite Arvine Château Lichten. Elle est simplement merveilleuse, avec de superbes équilibres. Les blancs seront exceptionnels et les rouges s’annoncent prometteurs », nous a confié Philippe Rouvinez, en charge du marketing et des ventes.
Des transactions plus difficiles
Avec sa sœur Véronique et son frère Frédéric, il incarne la troisième génération de cette famille devenue incontournable du terroir vitivinicole du Vieux Pays. Alors qu’il négocie actuellement l’écoulement de sa production, notamment auprès d’un grand distributeur, il reconnaît que les transactions deviennent plus longues et plus laborieuses, en raison de l’évolution du marché : « Nous constatons une baisse de nos ventes de l’ordre de 3 à 4% par année… Quelque 10% en trois-quatre ans. »
Il se rassure cependant, et se réjouit même, en constatant que les spécialités les plus emblématiques de la maison ne sont que peu ou pas affectées par cette érosion. C’est le cas du Tourmentin et de la gamme très prisée des vins Nez Noir qui doit son nom à une race de moutons autochtones du Haut-Valais dont un spécimen figure sur les étiquettes. « Ce sont des bêtes adorables. Nous avons nous-mêmes acquis quelques moutons et nous nous sommes associés à un éleveur de la région qui fait paître son troupeau dans nos vignes pour les nettoyer. C’est très écologique », nous explique tout sourire notre interlocuteur.
Le Tourmentin…
La création du Tourmentin, en 1983, a constitué une petite révolution dans l’univers vitivinicole valaisan. Il fut le premier vin du Vieux Pays à avoir été élevé intégralement dans des barriques de chêne. Dès le millésime 1988, il devint aussi le premier vin d’assemblage du canton à associer les grandes spécialités locales comme le Cornalin, l’Humagne Rouge et la Syrah. Aujourd’hui, le Tourmentin reste le « Best-Seller » incontesté de la maison Rouvinez. « Compte tenu de son prix, il est peu présent dans la distribution. Il est surtout réservé à nos meilleurs clients », précise Philippe Rouvinez.
… et la gamme Nez Noire
La gamme Nez Noire, quant à elle, devenue très populaire, a été lancée en 2019, avec un rouge d’assemblage sublimant les saveurs du Gamaret, du Merlot et de la Syrah. Il a très vite été rejoint par un rosé, issu d’une saignée du moût utilisé pour son pendant rouge, puis par une Petite Arvine. Le Nez Noir Réserve est un très « haut de gamme », issu du même moût que le rouge, bénéficiant d’un élevage de 12 mois en barrique. « Le Reserve est prioritairement destinée aux restaurateurs qui nous demandaient un vin de prestige pour leurs établissements. La restauration et l’hôtellerie sont des clients essentiels », souligne notre hôte.
La maison envisage-t-elle de produire un jour un vin sans alcool ? Philipe Rouvinez esquisse un sourire énigmatique : «… Nous y réfléchissons… Et nous y travaillons. » Il finit par confier : « À vrai dire, nous nous orientons plutôt vers un vin avec un taux d’alcool réduit. L’alcool est encore associé à certaines saveurs qu’il est difficile de conserver lors des processus actuels de désalcoolisation… On verra ! »
Les domaines Rouvinez seront présents au Salon Divinum,
à Morges, du 25 au 30 mars.





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