Une agriculture responsable pour protéger les pollinisateurs

Les expériences de collaboration entre agriculteurs et apiculteurs de ces six dernières années sont très encourageantes, aussi bien en Suisse qu’en France. Elles montrent une diminution de la mortalité des colonies d’abeilles, et une amélioration globale de leur état de santé. Ce sont là les conclusions d’un séminaire qui, à la fin de l’année dernière, a réuni des scientifiques suisses et français aux ateliers de la Fondation rurale interjurassienne (FRI), à Courtemelon, près de Delémont, dans le canton du Jura. Elles ont été rendues publiques le 10 février dernier par la FRI.

Ce séminaire, organisé dans le cadre d’un projet de recherche appelé « Agriculture et pollinisateurs » a réuni des experts d’Agroscope, de la FRI, de l’université de Neuchâtel (uniNE), de Proconseil, une filiale de Prométerre, de la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires – DGAV, de l’Association pour le développement de l’apiculture en Auvergne-Rhône-Alpes (ADA AURA) et de l’Institut français de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). Les participants ont offert un panorama complet des connaissances et des expériences réalisées dans les deux pays.

Les techniques agroécologiques

Les scientifiques ont observé que, là où elles avaient été mises en œuvre, les techniques agroécologiques, comme la fauche sans éclateur – un dispositif situé derrière la faucheuse, composé de rouleaux ou de fléaux, qui broie ou plie l’herbe pour accélérer son séchage –, le report de la fauche lorsque cela est possible, ou encore le maintien de bandes refuges non fauchées, se sont révélées efficaces pour protéger tant les abeilles domestiques que sauvages. L’usage raisonné de produits phytosanitaires homologués a également été souligné. Selon eux, ces pratiques doivent à l’avenir être intégrées dans les politiques agricoles nationales.

Prévenir les pénuries de ressources florales

Les chercheurs ont estimé avoir apporté la preuve que ces mesures, décidées conjointement par les agriculteurs et les apiculteurs, épargnent efficacement les pollinisateurs, même lorsque leur mise en œuvre est concentrée sur quelques mois dans la saison. Selon eux, elles constituent « une véritable assurance » face aux pénuries de ressources florales, même si les effets du changement climatique, qui accentuent la variabilité des conditions d’une année à l’autre, restent une source majeure de préoccupation. Fort du succès de cette première édition, une nouvelle rencontre est envisagée, cette année ou en 2027, afin de poursuivre les échanges et consolider les collaborations entre scientifiques et professionnels. 

Le miel suisse couvre un tiers de la demande indigène

La production de miel en Suisse est variable, atteignant annuellement, en moyenne, quelque 20 kg par colonie d’abeilles. Avec quelque 165 000 à 175 000 colonies, la production nationale varie, avec des années faibles (7 kg par colonie) et des années plus fructueuses (près de 30 kg par colonie). Le miel suisse est majoritairement du miel de forêt (miellat), bien que le miel de nectar (fleurs) est également produit. La production indigène ne couvre environ qu’un tiers de la demande, le reste étant importé d’Allemagne, d’Argentine et du Mexique, notamment. 

Les informations sur le contenu du séminaire sont disponibles sur le site

www.prometerre.ch/prestations/projets-et-acquisitions-de-references/agriculture-et-pollinisateurs

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