Source ou robinet, telle est la question

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A l’heure où le courant «zéro déchet» prône le minimalisme et la décroissance et où les esprits révoltés luttent contre toute mainmise sur les ressources naturelles de notre globe, le simple fait de boire une eau minérale au restaurant du coin devient un acte militant. Mais quelle eau trouve-t-on réellement sur nos tables?

 

Regroupant seize membres embouteilleurs d’eaux minérales et/ou producteurs de boissons rafraîchissantes, dont les principaux groupes sur le plan national et mondial, l’Association suisse des sources d’eaux minérales et des producteurs de soft drinks (SMS), œuvre depuis sa création dans les années trente pour la promotion des eaux minérales vendues en bouteilles aux quatre coins de notre pays. Ses tâches impliquent un dialogue constant avec les autorités, la participation compétente lors de l’élaboration de lois, la représentation des intérêts des entreprises membres, le conseil et l’information de ces entreprises, ainsi que les relations publiques.

Potable ou parfaitement pure?
L’eau minérale traverse de multiples couches de terrain avant d’atteindre sa source, un filtre naturel qui lui confère toute son authenticité puisqu’elle s’enrichit de nombreux minéraux tout au long de son parcours. Pour préserver ses qualités, la loi prévoit que l’embouteillage se fasse obligatoirement à la source de l’eau minérale. L’eau ne subit ainsi aucun traitement, si ce n’est l’ajout ou pas de gaz carbonique. Sa composition, détaillée clairement sur son étiquette, se retranscrit aussi dans son goût. Le respect de conditions juridiquement strictes et de contrôles permanents pour obtenir une qualité élevée constante jusqu’à la table des consommateurs est donc garantie (Ordonnance du DFI sur l’eau potable, l’eau de source et l’eau minérale). Les principales marques suisses d’eaux minérales dispensent les meilleurs soins aux sources qu’elles exploitent, à l’image d’Henniez qui a dédié un vaste domaine à la plantation de nombreux arbres voués à protéger sa source et son écosystème.

Pour ce qui est du pichet que vous trouverez sur vos tables, réminicence de la culture française en voie de disparition sur les tables romandes, il semble évident qu’il s’agit d’eau du robinet. Le plus souvent, cette eau est traitée soit chimiquement (additif de chlore ou d’ozone), soit physiquement (rayons ultraviolets, filtration stérile). Bien que cette eau du réseau soit parfaitement hygiénique, des pollutions microbiologiques ou chimiques peuvent avoir lieu lors de son acheminement vers le lieu de consommation. Toutefois, il semblerait que des contrevenants aient profité de la zone de flou qui entoure le pichet qui contient des bulles en vendant l’un pour l’autre. «Le but de la campagne Naturellement Différente est d’expliquer que l’eau minérale est à part», explique Christiane Zwahlen, porte-parole de SMS pour la campagne. «Le public n’était souvent pas au clair de ce qu’il commandait. Or tout réside dans la question de déclarer clairement ce que l’on vend au client». De quoi aider le consommateur à choisir, de manière plus informée, à quelle fontaine il va étancher sa soif, pichet ou bouteille.

La boisson la plus appréciée 
des Suisses
Si le fait de vendre une ressource naturelle peut être controversé, le fait même qu’elle soit embouteillée sur le site de sa source en fait un produit local par excellence, lequel répond à la tendance «terroir» si chère au cœur des Suisses. Pas étonnant qu’elle soit la boisson la plus appréciée sur les tables de notre pays avec 114 litres consommés par habitant en 2017. Par ailleurs, le marché des eaux minérales représente 964,1 litres en 2016, en incluant les soft-drinks et les eaux minérales aromatisées.

Sandy Métrailler

naturellementdifferente.ch 
eau-minerale.swiss