« On navigue aux instruments »

Quel bilan dressez-vous de la saison estivale ?
Adrien Genier :
Nous ne disposons pas encore de toutes les données chiffrées pour juillet et août. En juin, nous avons enregistré une baisse des nuitées de 85 % par rapport à 2019. Pour le premier semestre écoulé, cette baisse est de 60 %. Zurich est à -63 % sur la même période. Le constat est le même à Paris ou à Rome. Le tourisme estival a plus profité aux régions de montagne. Après la période de semi-confinement, les gens avaient envie de grand air. Ils ont fui la promiscuité, même si l’on peut se réjouir que les restaurants genevois disposant d’une grande terrasse aient plutôt bien fonctionné. 

Plusieurs actions ont été entreprises pour convaincre les touristes et les locaux de fréquenter les établissements genevois, parmi lesquelles les « Geneva Box », « Geneva Gift Card » et les bons « Restôbar ». Le public a-t-il suivi ?
A. G.
: Toutes ces actions ciblent des publics différents. Les bons « Restôbar », valables jusqu’à fin septembre de cette année, ont très bien marché. Au 25 août, nous en avons distribué plus de 20’000 aux Genevois. 120 restaurants se sont inscrits pour participer à cette opération. Cela leur offre une belle visibilité, notamment sur notre site www.geneve.com qui propose une carte permettant de géolocaliser les établissements. Il est toujours temps pour ces derniers de s’inscrire ! La « Geneva Gift Card » a eu un grand succès auprès du public britannique. Quant à la « Geneva Box », elle est un excellent produit de promotion de la destination Genève. Les médias et les influenceurs en ont beaucoup parlé. Nous allons poursuive avec les « Geneva Box » et les « Geneva Gift Cards » en y incluant de nouvelles prestations axées sur l’automne, la gastronomie et le vin. Nous lançons à la rentrée une campagne de promotion sur la Romandie et la France voisine pour inciter les gens à venir à Genève.

Comment travaillez-vous en ces temps d’incertitude ?
A. G. :
Nous suivons au quotidien les possibles fermetures de frontières. Nous observons des indicateurs comme les sites de recherche de voyages et nous ciblons notre communication en fonction. Nous modifions nos investissements en promotion au jour le jour, notamment sur les réseaux sociaux. 

La rentrée se dessine. Comment percevez-vous l’électroencéphalogramme du tourisme genevois pour les mois à venir ?
A. G. :
Il faudrait avoir une boule de cristal pour faire des pronostics. On navigue aux instruments. Les frontières s’ouvrent et se ferment au gré des taux de contaminations dans les différents pays. Tout ce qui est corporate et voyages d’affaires demeure très limité. Sur le front des congrès que nous traitons, seuls 9 des 56 prévus en 2020-2021 ont été annulés. Les autres ont été repoussés. Quant aux organisations internationales, elles sont toujours en télétravail. Et même si les diplomates peuvent venir à Genève sans passer par la case quarantaine, ils ont beaucoup délégué de compétences aux chargés de missions en poste à Genève. Je suis convaincu toutefois que cette situation est transitoire. Rien ne remplace les discussions dans les couloirs et les contacts humains. 

Selon vous, le secteur du tourisme devrait-il bénéficier d’une aide plus soutenue de la part des pouvoirs publics ?
A. G. :
Les grandes villes suisses ont de toute évidence besoin d’un soutien fort. Elles ont beaucoup généré de revenus jusqu’à présent. En temps normal, c’est à Zurich, Genève, Bâle, Lausanne et Lucerne qu’on enregistre le plus gros des nuitées sur sol helvétique. Cette offre doit absolument être maintenue car elle profite grandement à notre industrie d’exportation. 

M. M.

www.geneve.com

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