Le droguiste devenu apiculteur par passion

« J’avais 10 ans lorsque j’ai découvert ma première ruche lors d’un Passeport-Vacances. J’ai été totalement fasciné. Ça me trottait dans la tête. À quarante ans, lorsque je me suis installé à la campagne, j’ai lu dans le journal local une annonce pour une formation en apiculture. Je n’ai pas hésité. C’était il y a 16 ans. Ma passion était née. Par la suite, j’ai suivi le cours de conseiller-formateur apicole, avant d’obtenir mon brevet fédéral d’apiculteur », raconte Didier Bettens.

Didier Bettens, dans sa miellerie de Servion. © Le Cafetier 

Des débuts difficiles
Les débuts ne furent pourtant pas faciles. Les premières colonies de l’apiculteur débutant furent brutalement anéanties par le varroa, un acarien dont les femelles parasitent les abeilles en leur suçant l’hémolymphe, tels des vampires. Loin de se décourager, notre ancien droguiste se remit aussitôt au travail. 

Bien lui en a pris ! De nos jours, il prend soin d’une quarantaine de ruches d’abeilles carnioliennes (Apis mellifera carnica) réparties sur 4 sites de la région : à Mollie-Margot, à proximité des bois du Jorat ; à Maracon, dans le jardin de son domicile et sur les collines qui dominent le village, ainsi que sur les hauteurs de Lutry, dans un vaste domaine préservé, dédié à la nature. 

Fleurs printanières et forêts estivales
Miels de printemps, aux saveurs florales, miels d’été aux relents forestiers, miels en rayons à consommer frais, ainsi que divers autres produits liés au monde des abeilles, sont disponibles dans la boutique en ligne de la miellerie de Servion. Les articles les plus prisés s’y affichent vite « en rupture de stock ». Lorsqu’on l’interroge sur les quantités produites, l’apiculteur fait une moue mi-amusée, mi-embarrassée : « C’est très irrégulier d’une année à l’autre, selon la météo, notamment : en 2021, juste 100 kg ; en 2022, largement plus d’une tonne, et l’année dernière, 600 kg ». 

Si la quantité est inégale, la qualité est toujours irréprochable. « En Suisse, nos traitons nos ruches avec des produits organiques, alors qu’en France on utilise encore des pesticides dont on retrouve des traces dans la cire. Nous avons aussi une bonne entente avec les paysans qui nous avertissent lorsqu’ils traitent leurs champs, pour garder nos abeilles à l’intérieur », souligne l’apiculteur de Servion. Il avoue cependant que l’invasion des frelons asiatiques, capables de ravager des ruches en un éclair, l’inquiète : « Pour le moment, j’ai été épargné. Mais je surveille… »

www.mielsuisse.info

Georges Pop

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