Non Filtré 2022: un millésime solaire à savourer

Pour apprécier au mieux le Non Filtré, il convient de mélanger le dépôt en retournant délicatement la bouteille avant de l’ouvrir. Pour marquer les esprits cette année, l’équipe de Neuchâtel Vins Terroir, dirigée par la dynamique Mireille Bühler, a eu une idée de génie : faire étiqueter les flacons à l’envers afin d’inciter les amateurs à retourner la bouteille pour remettre en suspension les levures et donner son aspect trouble si typique de ce cru emblématique.

Une cérémonie haute en couleur.

Voilà pour le contenant. Pour contenu, c’est au vigneron et à l’œnologue d’œuvrer en choisissant les meilleurs parchets et la date optimale de vendange afin d’arriver à un équilibre entre acidité et alcool, tout en conservant le maximum de fruité et de fraîcheur. 

Chaque année, un domaine est mis en lumière à l’occasion de la sortie du Non Filtré. On pousse donc les portes du Château d’Auvernier, accueillis par Henry Grosjean.

L’histoire nous conte qu’en 1559, Blaise Junod gouverneur de la seigneurie de Valangin fit construire le Château. Ses petits-fils vendirent la propriété à Jean-Jacques Tribolet qui servit dans l’armée de Henri de Navarre, le futur Henri IV, roi de France. En 1603, Tribolet cède la bâtisse à un grand personnage de l’époque, Pierre Chambrier. Le contrat prévoit également la vente du domaine qui comprend 19 fossuriers de vigne, soit environ 7 hectares en termes viticoles d’aujourd’hui. Le patronyme Chambrier se maintiendra de 1603 jusqu’en 1823. Par alliance, les femmes perpétueront ensuite le sang Chambrier, même si elles portent d’autres noms : Sandoz-Rollin, Pourtalès, Montmollin et Grosjean. Depuis le 1er janvier 2022, c’est Henry Grosjean, représentant de la 15e génération, qui a repris le domaine viticole des mains de son père Thierry. L’encavage produit quelque 450 000 cols par an et, hormis son Non Filtré rafraîchissant en diable, de très belles cuvées de Chardonnay et Pinot noir.

Grâce à la sécheresse
On doit l’origine du Non Filtré à la sécheresse. En 1975, après une bien maigre récolte, le Neuchâtel blanc manquait et ses amateurs réclamaient le nouveau millésime. L’histoire raconte qu’un ami du vigneron Henri-Alexandre Godet, qui dégustait son Chasselas encore en cuve, fut tellement conquis qu’il lui demanda des bouteilles de ce « Non Filtré ». Le vigneron décida d’en mettre 300 flacons sur le marché qui séduisirent immédiatement les amateurs. En 1995, au vu du succès rencontré et pour harmoniser son lancement, le Conseil d’État a déterminé par un arrêté cantonal que le Non Filtré serait mis sur le marché dès le 3e mercredi de janvier.

Henry Grosjean trinquent avec Mireille Bühler, Laurent Favre et Nicolas Joss.
Photos: NVT – Lucas Vuitel

Une trentaine de professionnels produisent aujourd’hui ce vin trouble, sous l’égide de Neuchâtel Vins Terroir et plus de 10% de la production neuchâteloise de Chasselas est vendue en Non Filtré. Les 75% des bouteilles produites sont écoulées dans le canton de Neuchâtel et ses environs. Le solde est réparti entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. Les Vaudois en sont très friands.

Manuella Magnin

https://neuchatel-vins-terroir.ch

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