Un Café équitable torréfié au cœur des vignes

«Savez-vous d’où vient le café que vous buvez et aurait-il le même goût si l’on vous disait que son producteur ou sa productrice a gagné à peine de quoi subsister ? » Pour « corriger cette inégalité », la start-up Equal Profit, basée à Genève, a planché sur un modèle de rémunération qui répartit équitablement les profits de chaque acteur d’une chaîne d’approvisionnement. 

Et pour tester l’efficacité de ce modèle, quoi de mieux que de l’appliquer concrètement? Equal Profit s’apprête donc à lancer sur le marché le café de spécialité Ixpaluca, en partenariat avec un torréfacteur valaisan et une vingtaine de producteurs mexicains. Pour y parvenir, la start-up s’appuie sur une campagne de crowdfunding qui c’est achevé le 25 janvier.

De gauche à droite : Inès Burrus, fondatrice d’Equal Profit; Romain Pawlak, Project Manager; Rahel Wyss, Project Manager; Michaël Würzner, fondateur de Xalala. © DR

Un profit proportionnel
« Chacun des acteurs d’une chaîne d’approvisionnement assume un coût pour produire, transformer, transporter ou commercialiser le produit et chacun de ces coûts représente un pourcentage du coût total », explique Inès Burrus, fondatrice d’Equal Profit. Grâce à notre modèle, chaque acteur reçoit un profit proportionnel à ses coûts : le pourcentage du profit de chacun est égal à son pourcentage du coût total. En d’autres termes, insiste-t-elle, « nous cherchons à briser les dynamiques de pouvoir au sein des chaînes d’approvisionnement et assurer à chacun des acteurs un revenu décent. En encourageant ce modèle, vous contribuez à lutter contre la pauvreté et à construire les bases d’une économie durable. »  

Pour son premier projet de distribution équitable, la start-up genevoise s’est associée à l’entreprise de transformation et de logistique Ensambles Cafés Mexicanos et à la coopérative Citlatl Cafen, qui regroupe 20 producteurs issus de communautés autochtones de l’État de Veracruz, au Mexique. « Le café de spécialité y est cultivé entre 1200 et 1700 m d’altitude dans un environnement riche en biodiversité et préservé de toute pollution, explique Inès Burrus. La culture du café s’y fait en agroécologie, c’est-à-dire en respectant les sols et les cours d’eau, au milieu de différentes espèces d’arbres donnant l’ombre nécessaire, et en utilisant uniquement de l’engrais organique, sans utilisation d’herbicides, de fongicides ou de pesticides. »  

Du chocolat après le café
Une fois que le café sera récolté, trié, lavé, séché, il sera ensuite emballé dans des sacs pour être envoyé en Suisse. « Ixpaluca est un café 100 % arabica principalement issu des variétés Bourbon et Typica, mais aussi Geisha et Costa Rica. Doux et équilibré, il révèle de délicieuses notes de praliné », précise Michaël Würzner. Le fondateur de l’entreprise Xalala, à Chamoson, se chargera de la torréfaction de ce café de terroir et de la mise en valeur de ses notes spécifiques dans son atelier au milieu des vignes, en Valais. 

En cas de succès de la campagne de crowdfunding d’Equal Profit, les premiers paquets de café seront livrés au début de l’été. « À terme, annonce Inès Burrus, nous souhaitons appliquer ce modèle de rémunération à d’autres produits. » Sa start-up est ouverte à de nouveaux partenariats. Elle travaille déjà avec l’entreprise sociale Banyan Alliance pour mettre en place Equal Profit sur du chocolat d’Équateur. Et cela ne fait que commencer : selon sa fondatrice, « c’est uniquement en augmentant le nombre de supply chains certifiées que le business model d’Equal Profit pourra devenir économiquement viable et ainsi durable ».

Francis Granget

www.equalprofit.org