Alessandra Roversi

Alessandra Roversi, chantre de la gastronomie pour la Confédération. / © DR

L’épicerie familiale, avec sa cave à fromages, a eu une influence décisive sur Alessandra Roversi, depuis 5 ans présidente du groupe Léman de Slow Food. Fille unique de père italien, Alessandra Roversi s’est inspiré de l’engagement de sa mère dans l’accueil des migrants et celui de son grand-père dans la fanfare et le club de gymnastique locaux. «Il était aussi actif en politique et au sein de la paroisse, comme on l’est souvent à la campagne», se souvient-elle. Elle connait donc, de longue date, les thématiques liées au volontariat et aux difficultés financières que rencontre toute structure associative. Elle a connu durant son parcours professionnel, le secteur public, notamment à la commune de Vernier, et le secteur privé,  à Genève, chez DuPont. Son parcours peut paraître atypique, mais Alessandra Roversi n’a pas le sentiment d’avoir occupé des fonctions tellement différentes. «J’espère toujours créer des ponts entre les gens».

De retour d’Italie, après un an d’études à l’université des sciences gastronomiques de Pollenzo, dans le Piémont, Alessandra Roversi peut se targuer d’une vaste expérience professionnelle. «J’ai souvent changé d’environnement de travail, avoue la Fribourgeoise d’origine. J’avais envie d’apprendre et de comprendre.» Envie de s’investir, aussi, tant pour Slow Food que pour le festival Food Focus, qui a lieu tous les deux ans. Sensible à la musique, elle s’est mis sur le tard, après 30 ans, à la trompette. Elle jouait dans le Big Band des Eaux-vives – «peut-être l’héritage de la guggenmusik», s’amuse-t-elle. De nature enjouée, elle se défoule en rythme sur des airs de samba brésilienne.

Pas nostalgique d’un soi-disant âge d’or culinaire, elle se réjouit de l’évolution favorable du rapport à la gastronomie. «Les produits du terroir ont gagné en qualité. Dans les années 1960, les produits n’avaient pas forcément meilleur goût. A force de recherches, les artisans sont sans doute encore plus doués qu’avant». Elle se réjouit aussi de l’intérêt toujours plus soutenu des consommateurs. «Ils comprennent mieux les dynamiques des produits». Elle-même avoue se rendre mieux compte du travail et du temps que demandent les produits artisanaux. «J’ai un grand respect pour la profession de cuisinier», affirme-t-elle. Sa principale qualité de cuisinière, selon elle, est de choisir ses produits avec parcimonie et de réaliser des choses simples. Elle prône une approche raisonnée des produits du terroir et plaide pour une Suisse ouverte aux influences, débarrassée de frontières ou d’œillères. «En Italie, trouver du wasabi ou de la coriandre dans un plat relève de la chasse au trésor. En Suisse, au contraire, nous avons une vraie culture de la diversité». Son prochain défi est donc de le prouver lors du «Giro del gusto 2014», avant l’exposition universelle de Milan, l’an prochain.

Benjamin Philippe