STIM’: l’apéro romand 100% nature

À l’heure où le terroir revient en force, plutôt que de proposer les grands classiques italiens, pourquoi ne pas privilégier un rafraîchissant apéro 100% helvétique ?

Pas besoin de chercher bien loin. On file direction Echichens, petite bourgade à un jet de pierre de Morges. C’est au célèbre Domaine Henri Cruchon que ce nectar a été remis au goût du jour après être tombé dans l’oubli dans les années soixante.

Une renaissance que l’on doit à Raoul Cruchon qui a trouvé une bouteille de Stimulant dans sa cave en 2019. Le Stimulant ? Son histoire remonte à 1860. Emmanuel Gamboni, émigré italophone des Grisons, et Joseph Salina, venu du Piémont, s’associent pour fonder une distillerie à Morges. Ils s’inspirent de la tradition piémontaise pour créer un Quinquina. Une boisson 100% naturelle à base de vin dans lequel est ajoutée une préparation secrète composée de racines, de fruits, de plantes aromatiques et d’écorce de quinquina qu’ils macèrent dans de l’alcool.  

Le jeune fils de Joseph, Henri Salina, part distiller en Argentine. De retour en 1899, il reprend la distillerie morgienne. Fort de ses expériences acquises en Amérique du sud, il apporte quelques touches exotiques à la recette et lui donne le nom de Stimulant.  Le succès commercial est immédiat ! Le Stimulant gagne tous les jours de nouveaux adeptes, principalement en Suisse romande, où au plus fort de son succès il s’en boit plus de 1000 litres par jour ! Dès 1960 les apéritifs, les bitters et les vermouths sont snobés par les consommateurs qui leur préfèrent le vin. C’est le début du déclin et le Stimulant disparaît du paysage vers la fin des années septante après plus d’un siècle d’une glorieuse aventure.

Revenons à cette fameuse trouvaille de Raoul Cruchon en 2019 qui tombe sous le charme en dégustant le breuvage enfui dans les oubliettes de l’histoire. En 2020, la société Le Stimulant Sàrl est créée. En 2021, le rapicolant breuvage est de retour. « Nous avons dû changer son nom, car une loi fédérale interdit aux alcools l’usage d’appellations qui pourraient laisser penser que c’est bon pour la santé. Il s’appelle désormais STIM’ », commente Carine Bosson, associée-gérante de l’entreprise, qui bat aujourd’hui la campagne pour promouvoir le liquide. 

Trois versions
Le STIM’ est disponible en trois versions. La base est toujours identique. Il s’agit d’une macération d’épices, de fruits, de quinquina, de plantes, de café et d’orange séchée. « Après filtration, on y ajoute du sucre, du vin, rouge et blanc (ndlr : 20% de Gamay et Gamaret de la Cave de la Côte, et 60% de Chasselas de Cruchon) et quelques petites choses secrètes », explique Carine.

Avec 17,5% de volume d’alcool, la préparation originale permet de concocter ses propres cocktails en jouant sur les arômes de fruits, d’agrumes, soutenus par des fragrances racinaires et quelques nuances de café et de chocolat.

Le Summer et le Winter STIM’ sont plus légers. Le premier fleure bon le citron. Son goût oscille entre le mojito et le Spritz. Il contient 10.5% d’alcool. Le second est enrichi de liqueur d’orange. Il affiche 15,5% d’alcool. À 1 dl de Summer ou de Winter STIM’, il suffit d’ajouter la même proportion d’eau gazeuse et quelques glaçons. Résultat ? Sans avoir à jouer les mixologues de haut vol, une boisson rafraîchissante, dont le taux d’alcool avoisine celui d’une bière. Simplissime ! On a essayé et on a adoré.

Le breuvage fait peu à peu son chemin dans les bars en Suisse romande, et même jusqu’à Saint-Tropez.

Manuella Magnin

www.lestim.ch